
Conséquence directe d’une discussion récente sur l’interprétation des rêves, je me suis mis en tête de vous présenter aujourd’hui non pas un film mythique (comme précédemment Human Traffic), mais plutôt une série de courts-métrages. Tous ces courts-métrages ont été réalisés par la même personne, David Lynch.
Autant vous prévenir tout de suite, on est assez loin de la beauté contradictoire d’un Mulholland Drive. L’onirisme glauque (cauchemardesque ?) d’Eraserhead paraît un bien meilleur référentiel.
Ces courts métrages sont généralement assez peu connus du grand public. Réalisés entre 1967 et 1973 (David Lynch n’a donc que 21 ans lorsqu’il réalise le premier), ils sont autant d’expérimentations cinématographiques qui le mèneront à ce style si particulier. Ces expérimentations sont d’ailleurs une sorte de transition pour David Lynch. En effet, par l’entremise de ces réalisations, Lynch passe du statut d’étudiant en arts plastiques (la peinture et la sculpture sont très présentes dans ces différents films) à celui de cinéaste à proprement parler.
Six Men Getting Sick / Six Figures (1967) :
Ce film est ce qu’on appelle un film-painting (peinture animée), c’est-à-dire un film d’animation élaborée sur la base d’une peinture/sculpture fixe. Je ne vous donnerai pas de synopsis, la tache est trop ardue, mais chacun pourra y aller de sa propre interprétation, et c’est sans doute cela qui fait la force des films de Lynch. Qu’est-ce qui les rend malades au point de les faire vomir comme cela en boucle?… la question est là.
The Alphabet (1968) :
The Alphabet doit être interprété comme la vision chaotique de la toute puissance du langage selon moi. Les difficultés rencontrées dans la récitation de l’alphabet et le malaise qui s’en dégage pour la petite fille finit par la rendre malade (encore). Là encore, je me garderai de vous en dire plus… demandez à Freud ou à Lacan…
The Grandmother (1970) :
Sans doute mon préféré. Mais en même temps le plus dérangeant peut-être. Une vraie expérience visuelle en tout cas. La richesse des procédés cinématographiques utilisés permet de dégager une atmosphère incroyable, un véritable maelstrom de sensations différentes.
(La vidéo n’est que la première partie du court métrage… la suit est proposée directement par youtube une fois cette partie terminée)
The Amputee (1968) :
… ou l’histoire d’une femme amputée des jambes qui écrit une lettre et se fait refaire ses bandages… un mystère pour moi… mais un beau mystère.
Bref, tout cela pour dire que le parcours de Lynch est finalement très “logique”. De l’étudiant en peinture et sculpture est né de premiers courts métrages puissants, novateurs, qui lui ont permis de se créer, par la suite, un univers unique qu’aucune exégèse ne pourra vraisemblablement entièrement déchiffrer… et c’est sans aucun doute cela qui fait le charme et la force des films de David Lynch.
Tags: Cinema



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Un lynchois comme moi ne doit pas passer à côté de ces courts métrages ..reste à les trouver maintenant !